22-04-12

Affaire Marc DUTROUX : Laurent LOUIS se défend et contre-attaque

imageLaurent LOUIS - Député fédéral et Président du MLD, décoré par le Haut Conseil de la Résistance Congolaise de Grande-Bretagne

 

Affaire Marc DUTROUX : Laurent LOUIS se défend et contre-attaque

 

Le député belge Laurent Louis, dans l'oeil du cyclone après ses sorties sur l'affaire du pédophile Marc Dutroux. Il dit vouloir relancer le "dossier bis" de Marc Dutroux, qui s'est conclu par un non-lieu. Il refuse de démissionner et contre-attaque en annonçant vouloir déposer plainte contre les « quatre grands partis politiques francophones ». 

Laurent Louis, 32 ans, est l'unique député du Mouvement pour la liberté et la démocratie (MLD). Jeudi, il a soulevé une tempête médiatico-politique en Belgique après avoir organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a dévoilé des photos d'autopsie de deux victimes du pédophile Marc Dutroux. Quelques jours plus tôt, le sulfureux homme politique avait publié sur son blog une liste - non sourcée - de personnalités, mortes ou vivantes, sensées être « pédophiles ». Les réactions ne se sont pas faites attendre : la classe politique et la presse belge, dans leur grande majorité, ont dénoncé des propos et des méthodes « ignobles ».

Interrogé par France-Soir, Laurent Louis se défend et contre-attaque en annonçant vouloir déposer plainte contre les « quatre grands partis politiques francophones ». Pendant ce temps, trois plaintes ont été déposées au parquet de Bruxelles pour « calomnie, diffamation et recel ».

FRANCE-SOIR. Pourquoi avoir choisi de diffuser de tels documents, sans la moindre preuve, en sachant à l'avance qu'il provoqueraient l'indignation générale ?

LAURENT LOUIS : Cela fait douze à treize ans que je m'intéresse de près à l'affaire Dutroux, celle qui a le plus bouleversé mon pays. J'ai fait des études de droit  (NDLR : des études qu'il n'a pas achevé) et j'ai toujours voulu trouver la vérité dans cette histoire. Il y a deux ans, un journaliste belge m'a communiqué des pièces du dossier Dutroux ainsi que des photos. J'ai analysé les pièces du "dossier bis de Marc Dutroux", et mon intuition me dit que la vérité historique et la vérité judiciaire ne sont pas les mêmes. On m'a ensuite communiqué une liste de noms de pédophiles, à moi ainsi qu'à tous les députés. Je l'ai publiée même si elle est anonyme. Je veux réveiller les consciences.

F.-S. Au risque de diffamer gravement les personnes figurant sur cette liste ?

Laurent LOUIS : Ces noms circulent depuis 20 ans, en Belgique ! Il y a gens innocents dans cette liste, et leur honneur doit être lavé. Les diffamer n'est pas mon but. Je ne suis pas juge et je veux juste que l'on réouvre l'enquête autour du dossier bis de Marc Dutroux.

F.-S. Et pourquoi montrer des photos de deux victimes du pédophile, tirées d'un dossier d'instruction, qui peuvent être parfaitement choquantes pour l'opinion et les familles ?

Laurent LOUIS : Ce sont des photos de parties génitales, pas des visages. Elles sont importantes car elles sont à la base de la thèse que je défends. La justice a dit qu'elles étaient mortes de faim dans la cave de Marc Dutroux, après 103 jours. Mais les photos montrent bien qu'elles ont été victimes d'abus sexuels graves et répétés, et possiblement d'un viol post-mortem. Tout cela alors que Dutroux était en prison ! Quelqu'un a "rendu visite" (sic) à ces malheureuses et personne n'a été condamné.

F.-S. Les réactions à votre sortie ont été particulièrement violentes. Ne regrettez-vous pas d'avoir été vous-même si loin ?

Laurent LOUIS : En Belgique, on donne de moi une image négative. Je suis élu depuis deux ans et personne ne m'écoute. Si j'avais pu éviter ce genre de publication, je l'aurais fait. Une fois la liste entre mes mains, j'ai eu un dilemme éthique.  Mais la volonté de rechercher la vérité a été la plus forte. Je suis désolé de l'émoi provoqué, mais ce n'était pas mon but, qui est de punir les vrais coupables. Aujourd'hui, il y a une chasse contre moi. C'est le système qui se protège. Mon pays est ultracorrompu, la presse est financée par les partis politiques.

F.-S. Un « cordon sanitaire » a été lancé contre vous par la classe politique belge quasiment dans son ensemble. Comment réagissez-vous ?

L. L. C'est spécifique à la Belgique francophone. Sous prétexte de ce cordon, on empêche un mouvement de naître. On appelle à ma démission mais je ne démissionnerai pas. Je considère n'avoir pas commis de faute. Aujourd'hui, je vois que la ministre de la Justice appelle le parquet à me poursuivre : c'est un procès politique. Si mon immunité parlementaire devait être levée, je répondrai à la justice comme j'ai toujours répondu de mes actes. Et je compte d'ailleurs poursuivre en justice les quatre partis francophones (CDH, PS, MR et Ecologistes) pour diffamation. Benoît Ludgen, le président du CDH (Centre démocrate humaniste) m'a même donné un coup de pied, a claqué mon ordinateur portable sur mes doigts et m'a insulté, jeudi, au Parlement.

Propos recueillis par Julien Balboni

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